Elisabeth GUIGOU (PS)¹ était l'invitée politique de Laurent BAZIN lors de la matinale sur i-Télé ce mercredi 02 septembre 2009.

Laurent BAZIN :  (...) Vous aviez préparé, fait voter, une réforme de la justice en 1998, et vous mettiez l'accent à l'époque sur l'indépendance du parquet. On prend le chemin inverse, c'est ce que dit Robert Badinter. Vous craignez, vous, franchement la suppression du Juge d'Instruction [ NDLR : JI ], vous craignez que çà ne devienne une OPA lancée par l'éxécutif sur les affaires, comme le dit un Sénateur socialiste hier ?

Elisabeth GUIGOU : " C'est la mainmise du pouvoir sur la justice. C'est aussi simple que çà.  Le pouvoir actuel, le pouvoir éxécutif, le Président de la république, le gouvernement,  veulent une justice aux ordres, et ce sera une justice aux ordres.  Nous allons confier toutes les enquêtes au Parquet, le Parquet ..."

L.B. : " Il réalise déjà 95% des enquêtes "

E.G. : " Oui mais pas des affaires sensibles. Les JI sont chargés de se qu'on appelle les affaires sensibles, c'est à dire : les affaires de corruptions, les affaires de terrorisme, où souvent on invoque la raison d'état, (...) où souvent vous avez des conflits d'intérêts, dans les affaires. Vous avez des questions de Santé Publique, quand même (!) des responsabilités importantes. Tout çà, ce sont les JI qui ont a traiter ces affaires-là, et il est très important que ce soit un Juge indépendant, qui ne soit soumis en aucun cas aux pressions du pouvoir politique, qu'il puisse les traiter. Or le Parquet c'est tout à fait différent. Le Parquet, aujourd'hui, dans la situation actuelle, et les Procureurs, ils dépendent pour leur carrière du Ministre de la justice. Voilà !

Moi, j'avais fait voter une réforme, vous l'avez rappelé, pour rendre, dans leur carrière, les procureurs indépendants des pressions qui pourraient s'exercer sur eux. Bien entendu, il fallait toujours mener une politique pénale, donc il y avait des instructions GÉNÉRALES : On met l'accent par exemple sur la lutte contre le racisme, ... Mais pas dans les affaires individuelles, car ils étaient libres ..."

L.B. : " (...) Quand vous étiez Ministre de la justice, franchement, honnêtement, je ne sais pas si vous me le diriez d'ailleurs, est-ce que vous avez décroché votre téléphone un jour pour dire : « Faudrait quand même lacher la bride là-dessus, c'est pas possible, vous pouvez pas ...»"

E.G. : " Jamais ! Et d'ailleurs, je vous assure, que si je l'avais fait, franchement, çà se serait sû ! Donc non, il n'y à eu aucune espèce d'obsession.."

L.B. : " Vous pensez que vos successeurs le font ou l'ont fait ? "

E.G. : " Non seulement ils l'ont fait, mais ils ont revendiqué de le faire ! C'est à dire que c'est assumé dans le pouvoir actuel de donner des ordres à la justice. Alors ce qui est grave dans cette suppression du JI, c'est que l'on voit très bien qu'on a un pouvoir qui veut supprimer tous les contre-pouvoirs. Partout où il y a des contre-pouvoirs ! C'était le cas sur l'audiovisuel public  : On lui serre les crédits ! Cà été le cas sur les pouvoirs du Parlement. Cà va être le cas sur les Collectivités Locales qui sont majoritairement, Régions, Départements, Communes,  majoritairement dirigées par la gauche,.. "

L.B. : " C'est vrai "   

E.G. :" ... et où on a un projet du gouvernement, d'abord un discours qui les stigmatise, une espèce de populisme anti-Elus, comme on a un populisme anti-juges d'ailleurs, comme on a eu un populisme anti-Médias,  comme on a eu un populisme anti-Parlementaires, et on monte en épingles les dysfonctionnements, y' en a partout, évidemment que le système est imparfait (!) .."

L.B. :  " Vous avez siégé dans la Commission Outreau, vous savez bien que parfois, pardon de le dire comme çà,  des JI déraillent, dérapent, même gravement  ..."

E.G. : "   Mais naturellement ! Dans la Commission Outreau, ce qui était interêssant, c'est qu'il y avait des parlementaires de gauche et de droite. Et nous avons beaucoup débattu, et de la meilleure façon, de corriger les dérives, car les dérives il y en a, et nous avons dit, la solution c'est de mettre les JI dans des pôles de collectifs, pour qu'ils ne soient pas tout seuls et qu'au besoin ils dérapent. Cette réforme a commencée à être mise en place. Elle a complêtement été arrêtée".

L.B. : " Est-ce que vous avez le sentiment que Nicolas Sarkozy règle un compte ?

E.G. : " Non, je pense qu'il a compris, il a vu, que par beaucoup d'aspects, les Juges étaient impopulaires, et donc il s'engouffre là-dedans, il monte en épingles ces dérives,  et pour assoir d'avantage son pouvoir et celui de l'éxécutif. (...) On doit s'insurger contre çà ! Vous avez par éxemple des bavures médicales : C'est pas parce qu'il y a des bavures médicales que l'on propose de supprimer les médecins ! Alors-là, c'est pas parce qu'il y a des bavures de quelques JI qu'il supprimer un JI qui est le garant de l'indépendance de la justice..."

A SUIVRE

En attendant, je vous propose de retrouver nos dernières actus concernant Elisabeth Guigou sur notre blog.

Le blog officiel d'Elisabeth GUIGOU

Jean-Emmanuel NICOLAU-BERGERET
© 02 Septembre 2009 - JENB PRODUCTIONS

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