Retour dans notre Cour d'Assises n°1 au Tribunal de Grande Instance (T.G.I.) de Bobigny en Seine-Saint-Denis, en ce premier jour (mardi 25 mai 2010) du procès de Méhdi Baadache, meurtier présumé de Prince Tamukwo, tué par balle en plein après-midi sur la place de la gare à Noisy-le-Sec le 18 mai 2007, je vous invite à lire préalablement les faits et la personnalité de l'accusé.

Au cours de ce procès, qui durera tout de même quatre jours, environs 26 témoins ont comparu à la barre. D'une part les principaux enquêteurs intervenus dans l'enquête de police, menée par la Brigade Criminelle, d'autres des Experts (Medecin Psychiatre, Psychologue, Légiste, Balisticien, ...), et enfin les témoins des évènements. A noter que parmi ces derniers, certains témoins sont plus proches de la victime, d'autres de l'accusé, et ceux qui ne connaissaient ni l'un ni l'autre.



Il va de soit qu'il est impossible de les condenser en quelques lignes d'autant que parmi les témoins visuels certains sont soit évasifs, soit amnésiques, voire parfois contradictoires. L'un deux a même témoigné ... qu'il n'était pas sur place.

Nous allons donc remonter le temps et recomposer les séquences de cette tragique journée de l'histoire de notre ville. Tragique parce qu'elle s'est déroulée dans notre commune, mais surtout parce que la victime, l'accusé et presque tous les protagonistes sont noiséens.

L'objectif de cet article se voulant avant tout pédagogique les prénoms sont remplacés par des initiales, ce qui suffira pour comprendre le déroulé des évènements, à l'exception de la victime et du tireur déjà cités à l'ouverture de la séance, ainsi que les prénoms connus depuis trois ans et déjà évoqués dans nos articles et vidéos depuis la date des faits (parties civiles pour la plupart).

Je souligne par ailleurs qu'il s'agit d'un procès en première instance, qui peut donc être frappé d'appel.

Enfin, compte-tenu des divergences ou imprécisions des témoins visuels, la reconstitution de la journée est forcément porteuse d'interrogations.

Donc, ce 18 mai 2007, c'est l'anniversaire de Mehdi Baadache (l'accusé). Suite à sa luxation de la cheville, son pied dans le plâtre, la perte de son boulôt, quelques temps plus tôt, le jeune homme, au casier déjà chargé, dérape socialement et psychologiquement. Il accentue sa consommation de cocaïne (Il est évoqué 4 gr/j ) et d'alcool. La veille des faits, sous l'emprise de ces toxiques, il se dispute violemment avec sa petite amie, A, qu'il fréquente depuis quelques mois (depuis le jour de l'an), de façon stable. D'ailleurs, lors de son témoignage, la jeune fille évoque "un projet de mariage" et un garçon plutôt tranquille d'habitude. "Il n'était pas dans son état normal depuis plusieurs jours" précisera-t-elle, en évoquant la période des faits.

Première altercation

En ce vendredi midi, l'accusé se rend dans une brasserie à l'angle du Bd de la République et de la rue Jean Jaurès. En sortant des toilettes, il a une première altercation avec une cliente, une jeune femme Noire ainsi qu'une personne handicapée. Pour un motif futile, débute une embrouille et il porte une claque sur l'épaule de la jeune femme, profère des insultes à caractère raciste "j'aime pas les noirs"  à son encontre et des menaces vis-à-vis de l'autre client. Au point que cette femme appelle la police et dépose une main-courante. S'il reconnait l'altercation, l'accusé nie les insultes et la défense, par la voix de Me Dupond-Moretti, met en avant certaines contradictions. Cette première victime confirme toutefois à Me Jonquet, l'avocate des parties-civiles,  "la claque sur l'épaule avec force".

Seconde altercation

Quelques temps après, une seconde embrouille se déroule sur la voie publique. Le jeune M, un jeune Noir ("un petit") a une altercation avec l'accusé pour une histoire de clope. La défense souligne quelques contradictions du témoin, mais sur le fond, cela ne change en rien la suite du déroulé. Là encore l'accusé aurait proféré des insultes raciales qu'il nie. M décrit un jet de bouteille, et décrit Méhdi comme "surexicité". Cette seconde altercation se déroule en fait en plusieurs étapes mais au final l'accusé, énervé et sans doute véxé, reprend sa voiture et frôle les "petits" en retournant dans le quartier Mermoz, lieu de son domicile.

Troisème séquence

M et le groupe de "petits" téléphonent à des "grands" pour leur faire connaitre l'incident. Ces derniers les rejoignent à la gare puis vont dans le quartier Mermoz à la recherche de Médhi. Selon les versions on passe de 6 à 20 Noirs (armés de batons ou non, selon les versions) qui vont donc dans ce quartier. Pendant ce temps, l'accusé, vu son état, ne veut pas remonter tout de suite chez sa mère et rencontre des copains à lui, dont un cousin.

Le groupe de Noirs ne connaissant pas spécialement l'accusé, ces jeunes tournent dans la cité à sa recherche. Ils finissent par le trouver, à bord d'un véhicule, avec deux amis. Selon les versions, il y aurait échanges verbaux, pour d'autres non. En tout état de cause, il n'y a eu ni échange de coups ni même une dégradation sur le véhicule.

L'accusé poursuit sa route (en tant que passager) et se dirige vers le quartier de la Boissière où il connait des copains. Quant au groupe de Noirs, il retourne vers la gare.

Le hasard veut que la future victime habite ce quartier. Cette dernière et l'accusé ont donc des copains en commun. Mais à ce moment, Prince Tamukwo est en cours.

Donc, arrivé à la Boissière, l'accusé rameute des amis de son âge. On ne saura pas quel motif aura prétendu l'accusé pour faire déplacer trois véhicules, mais on peut tout de même douter qu'une dizaine de jeunes adultes soient partis "pour en découdre" pour un simple problème de clope de surcroit avec des plus jeunes...

à suivre.

Prince Tamukwo sur Le Post.fr
Prince Tamukwo sur nos pages
Prince Tamukwo sur Dailymotion

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Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
28 mai 2010 - © JENB PRODUCTIONS

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