Un journal municipal

Pour bien comprendre, il faut savoir qu'un journal municipal est, par définition, un outils de communication dont le contenu éditorial est forcément favorable à l'équipe éxécutive. De fait, le sommaire, les articles et les illustrations sont décidées par une commission qui réunit les différents groupes de la majorité. Le contenu définitif, qui part chez l'imprimeur, est donc, en général, le fruit de cette concertation éditoriale.

A cela, il y a deux exceptions légales :

- L'éditorial du Maire : C'est son espace, qui relève de sa seule prérogative. C'est dans ce cas, par exemple, que le Maire peut se faire assister par son Directeur de Cabinet, son Chef de Cabinet et pour ce qui nous concerne à Noisy, d'un troisième Conseiller, plus en charge de la communication.

- Les tribunes : Chaque groupe composant le Conseil Municipal, y compris l'opposition donc, dispose d'un espace d'expression libre, défini par la Loi. Chaque groupe dispose d'une surface identique.

Donc, comme à Noisy c'est un foutoir politique innommable, il y a quatre tribunes... dont trois d'oppositions, puisqu' il y a une opposition de droite (l'opposition initiale qui compte 9 élus ) et une de gauche (20 élus passés de la majorité à une récente opposition de gauche) !

Pour plus de détails, vous pouvez consulter l'historique : 
- ici en vidéos ;
- Ici un résumé sous forme d'article

L'édition de Juillet (N°23) du mensuel municipal

Dans ce numéro d' « ICI NOISY », le mensuel municipal, en sa page 10 plus précisemment, a été évoqué le « budget de révolte » voté par le Conseil Général de Seine-Saint-Denis, présidé par Claude Bartolone (PS), incluant une recette de 75 millions d'euros représentant selon ce dernier « une partie de la dette de l'État à l'égard du Département ».

Il semble donc que dans le cadre de ce sujet, trois questions avaient été posées à Gilles Garnier (PC), Adjoint au Maire de Noisy-le-Sec, Président du groupe " La Gauche qui vous Ressemble et vous Rassemble" (GRR dans la suite du texte), et par ailleurs Conseiller Général.

Or, lors de la parution du-dit numéro, dans la première semaine de juillet, s'il y a bien une page consacrée audit budget départemental, les questions posées et les réponses exprimées par Gilles Garnier ont tout simplement été supprimées.

Le Conseiller Général interroge le Maire en public

Le 8 juillet dernier, lors d'une mémorable séance du Conseil Municipal, Gilles Garnier,  dont ont rappelle que le groupe GRR qu'il préside a rejoint celui des Verts dans une opposition municipale de gauche, plaçant de facto notre Maire socialiste en situation de minorité, a bien évidemment pris la parole.

Après avoir évoqué, lors d'une première question,  un incident sérieux survenu au stade Huvier entre des agents municipaux,  qui avaient fait usage de leur droit de retrait pour des raisons de sécurité, et un noiséen notoirement connu, créant une situation de crise dans les plus hautes sphères locales, notre élu municipal a questionné notre édile en sa qualité de Conseiller Général sur cette non publication :


« (...) autre question, et vous comprendrez que là aussi je la fasse en public, (...) il y a eu un incident, que je ne peux pas qualifier autrement, (...) votre service communication avait posé au Conseiller Général que je suis, trois questions sur le budget du Département. Il est de notoriété publique que je n'ai pas tout à fait la même appréciation que le Président du Conseil Général, mais en grande partie compatible, (...) et les questions ont disparu entre la sortie de mon bureau et l'arrivée chez l'imprimeur. (...) En tout cas je tiens à, si possible, avoir quelques réponses sur  ces deux questions » [NDLR : extraits de l'enregistrement de la séance].

D'ailleurs, le Conseiller Général avait déjà exprimé son étonnement par un courrier daté du 6 juillet adressé au Maire. Lettre dans laquelle il conclue avec beaucoup de fermeté :

« (...) Je trouve ces méthodes de censures particulièrement mesquines et archaïques et je tiens à vous dire qu'elles confirment malheureusement les critiques que je porte, avec les collègues de mon groupe, depuis des mois sur votre méthode de gouvernance qui s'avère de plus en plus anti-démocratique (...) »

Le Maire s'engage à répondre par écrit

Et le Maire de s'exprimer : « Je vais répondre à une question ici [NDLR : l'incident au stade Huvier], et l'autre [NDLR : l'incident du journal] sera répondue par écrit (...) pour que les choses soient plus claires. (...) Voilà, et concernant le journal municipal nous vous écrirons pour vous dire ce qui s'est passé. Je vous propose maintenant de passer à l'ordre du jour ».

Cà, c'était le 8 juillet.

   

La démocratie est-elle menacée à Noisy-le-Sec ?

Un mois plus tard, désirant connaitre les questions posées et les réponses afférentes ainsi que les motifs pour lesquels cette partie éditoriale avait disparu, j'ai consulté le dimanche 8 aoùt le site du groupe GRR.

Mais quel ne fut pas ma surprise : La réponse du Maire n'apparaissait pas. Compte tenu que nous sommes en période de congés, il était fort possible que le site du groupe ne soit pas mis à jour (dernière mise à jour connue en date du 30 juillet à 11h04). Mais après avoir contacté Gilles Garnier hier soir, lundi 9 aoùt, par téléphone, il m'a bien été confirmé que le Maire n'avait toujours  pas répondu à ce Président de groupe.

Cà c'était donc hier, le 9 aoùt.

Noisy-le-Sec : Une ville au bord de l'implosion ?

Car les mots employés par le Conseiller Général Garnier sont extrêmement forts sur le plan politique. Ils confirment par ailleurs les trop nombreux clashs à répétition depuis deux ans et demi.

Ils confirment le climat délétère qui règne au sein de l'Hôtel de Ville.

Comment un Maire socialiste, qui ne cesse de prôner en réunions publiques  « la transparence »  et « la politique par la preuve » peut-elle faire preuve d'autant de légèreté à l'égard d'un président de groupe en n'apportant pas réponse rapide à une missive au ton aussi grave ?

Alors même que ses élus socialistes tentent de sauver les meubles après que 20 élus de l'ex-majorité soient passés dans une opposition municipale de gauche, on ne peut qu'être sidéré de constater le mépris semblant ainsi affiché par cette absence de réponse.

Il ne faut pas 30 jours à un Maire entouré de trois collaborateurs, même si le turn-over y est important ces derniers mois, pour rédiger un courrier et l'expédier dans un bureau situé à une vingtaine de mètres plus loin !

Un tel turn-over peut d'ailleurs être inquiétant, surtout en si peu de temps !

Légèreté ? je trouve le mot finallement bien soft.

Il est grand temps que notre Maire démissionne, si l'on veut permettre à la gauche de ne pas perdre cette municipalité !

La fin de l'été s'annonce brûlante à Noisy-le-Sec.


Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
Cet article n'engage que l'opinion de son auteur
© 10 Aoùt 2010 -
JENB Productions

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