En réponse à : Noisy-le-Sec : un communiste n'a pas reçu de réponse...

Je dois avouer que certains blogueurs me laissent parfois dubitatifs tant leur acharnement à diffuser des informations confuses, parfois même totalement erronées, est de plus en plus intriguant.

C'est quoi cette histoire ?

Hier matin, mardi 10 août 2010, aux environs de 7h, nous avons publié un article titré « Notre Conseiller Général est-il victime de « censure » et d'une « gouvernance anti-démocratique » ?  ». Comme souvent lorsque nous mettons en ligne des articles que nous qualifions de « sensibles », nous effectuons toujours une double lecture avant mise en ligne et nous en avisons immédiatement notre journaliste-référent au Post. 

   
                                       Gilles Garnier (PC) © Archives JENB Productions

Pour en faire un très bref résumé, nous évoquions l' « incident», pour reprendre le terme-même utilisé en Conseil Municipal, survenu quant à la non publication d'une partie du contenu éditorial du dernier numéro de notre mensuel municipal, dont la partie écartée concernait en une sorte d'interview écrite de notre Conseiller Général Gilles Garnier, membre éminent du Parti Communiste, dont la carrière politique est suffisamment riche pour qualifier cet élu d'expérimenté, questionnaire portant sur le Budget 2010 du Département de la Seine-Saint-Denis. Le Budget étant qualifié de « Budget de révolte » par Claude Bartolone, Président socialiste du-dit Conseil Général.

Deux heures plus tard, l'auteur auquel je fais réponse, a, comme souvent dans ses habitudes ces derniers temps, publié un article contrant notre argumentaire.

En cela, finalement, je n'y vois pas d'objection dans la mesure où la raison-même du Post.fr est l'interactivité. Certains préfèrent déposer des commentaires, d'autres s'étendre plus longuement au travers d'un post. Le débat est forcément stimulant et fortifiant dès lors bien-sûr que l'on souhaite enrichir les échanges de points de vue et non d'affirmer haut et fort des informations plus qu' intriguantes, voire parfois contestables.

Remettons quelques pendules à l'heure

♦ Premier point : Une interview raccourcie ?

Après un préambule rappelant l'incident que nous relations, l'auteur écrit « Probablement parce que le Maire de la ville refuse que le journal municipal destiné aux noiséens soit instrumentalisé à des fins politiciennes, l'interview accordée à M  Gilles Garnier a été raccourcie, dans le dernier numéro de Icinoisy »

A cela je réponds deux choses :

- Un journal municipal est obligatoirement un outils de communication politique. Quelle que soit la commune et l'étiquette. Preuve en est que pour ce qui nous concerne, la Directrice de publication d' « iciNoisy » n'est autre que notre édile socialiste. Il va de soit qu'il en est de même pour le site internet officiel de la ville.

- L'interview n'a pas été « raccourcie », l'auteur laissant alors supposer au lecteur qu'une partie du questionnaire aurait été éditée. Non ! Elle n'a tout simplement pas été publiée. Permettez-moi de dire qu'il y a une marge.

♦ Second point : Le budget départemental n'est pas un sujet pertinent ?

Claude Bartolone, député PS de Seine-Saint-Denis.

Claude Bartolone, Député PS, Pdt du Conseil Général de Seine-Saint-Denis 93
© Bernard Bisson/sygma/Corbis

L'auteur, dans la suite de son article écrit : « De plus, il est de devoir d'un Directeur de Publication  de faire des choix rédactionnels et de choisir ce qui est le plus opportun et le plus pertinent dans l'intérêt du Noiséen »

A cela je m'interroge : En quoi le budget départemental n'est-il pas pertinent pour un noiséen ? Bien au contraire, c'est même, avec le budget municipal, un moment fort pour les 40 communes de Seine-Saint-Denis. Et pour causes !

Les collèges de Noisy-le-Sec sont financés par qui ? La voirie départementale qui traverse notre commune est financée par qui ? Le Conseil Général n'apporte-t-il pas son soutien financier à des associations noiséennes ? Le Conseil Général ne soutient-il pas des actions culturelles produites dans notre ville ? Le Conseil Général ne contribue-t-il pas aux financements d'infrastructures et d'équipements sur notre territoire communal ?

Et surtout, j'insiste (!), le Conseil Général n'est-il pas un amortisseur social primordial dans une ville telle que la notre qui compte 50% de foyers non imposables ?

Pensez-vous qu'un noiséen (sur)vivant du RSA n'est-il pas inquiet si le Conseil Général, à qui incombe de le lui verser au moins pour partie, n'est plus en mesure de le faire ? Et pensez-vous que les noiséens percevant une allocation de compensation du handicap n'ont-ils pas le droit de s'en inquiéter également ?

Oubliez-vous les prestations sociales que perçoivent, du Conseil Général, de nombreuses familles noiséennes en difficultés sociales ?

Transports : Oubliez-vous par éxemple que la Carte Imagine'R était remboursée à 50% par le Conseil Général. Cela ne concernerait-il pas les élèves noiséens et leurs parents ? Elle est maintenant réservée aux seuls élèves boursiers. Autant dire une infime minorité vu les plafonds.


Fracture numérique :
Oubliez-vous que le Conseil Général participait (en quotient familial) à l'équipement informatique des élèves entant en 6ème et que cette disposition va probablement être supprimée faute de moyens ? Ne pensez-vous pas que cela concerne les noiséens ?

De mémoire, toutes ces prestations sociales confondues représentent un peu moins de la moitié des dépenses du Conseil Général. Excusez-moi du peu, mais ce n'est pas rien, y compris pour notre ville. Et ses 39.000 habitants.

Le « Budget de révolte » de la Seine-Saint-Denis, impulsé par le Socialiste Claude Bartolone est totalement légitime sur le plan moral, même si, sur le plan strict du droit, une collectivité publique n'est pas autorisée à voter un budget en déséquilibre. Ce qu'a d'ailleurs confirmé la Cour Régionale des Comptes. Paradoxalement, seul l'Etat a ce privilège. Et les Lois n'ont changé ces dernières décénies que sous l'impulsion d'audacieux protestataires traités de "révolutionnaires" par les néo-conservateurs. En tout cas, notre département a fait des émules, a inspiré d'autres départements dans une telle démarche et a reçu le soutien de nombreux autres, car tous les départements sont confrontés à la même problématique des transferts de charges sans péréquation compensatoires financières.

Preuve que la révolte porte ses fruits, plusieurs Conseils Généraux dont le notre ont porté l'affaire en justice et ont obtenu du Conseil d'Etat la compensation des charges supportées dans le domaine de la protection de l'enfance.

♦ troisième point : Attendre son tour ?

L'auteur poursuit : « M Garnier se plaint de censure ? Il a écrit au Maire ?! Eh bien, qu'il attende patiemment son tour... Madame le Maire l'a promis, une réponse sera donnée à toute demande écrite ! Alors que l'on s'appelle Gilles Garnier ou non, on attend patiemment la réponse (...) »

Effectivement, comme l'auteur le dit bien,  « Madame le Maire l'a promis, une réponse sera donnée à toute demande écrite ! ». Sauf qu'il oublie de préciser que notre édile s'était à plusieurs reprises engagée publiquement à répondre en quinze jours.

Par ailleurs, en politique, il y a des protocoles entre élus. Or Monsieur Garnier, n'en déplaise à l'auteur, est un Conseiller Général, de surcroît Président du « Groupe communiste et citoyen pour une alternative à gauche» au sein de ce même Conseil Général. Enfin, l'auteur semble oublier que Gilles Garnier est également Président du groupe « Pour Noisy, La Gauche qui vous Ressemble et vous Rassemble » au Conseil Municipal. A Ce titre il dispose du droit à une prompte réponse du Maire.

♦ quatrième point :  Gilles Garnier est encore Adjoint au Maire !

L'auteur poursuit sa diatribe ainsi : « Certains noiséens ont des problèmes bien plus importants que cela, M Garnier, mais comment le sauriez vous puisque vous avez abandonné vos fonctions de Maire-adjoint... » [NDLR : Les couleurs utilisées proviennent du texte cité].

A cela je ne puis qu'exprimer mon plus grand étonnement, surtout de la part d'un auteur qui se présente lui-même sur son site comme « un blog politique et satyrique » car cette affirmation est parfaitement erronée.

En effet, je rappelle à l'auteur que Gilles Garnier a été élu Adjoint au Maire par le Conseil Municipal. En conséquence, il ne peut perdre cette qualité que dans les cas suivants :
- Une inéligibilité prononcée par un Tribunal, ce qui n'est pas le cas ;
- Un retrait de ce titre par vote à bulletin secret du Conseil Municipal, hypothèse totalement impossible actuellement, Gilles Garnier disposant d'une majorité absolue avec le soutien des Verts et de Mamadou Gueye (sensibilité radicale de gauche),
- Une démission personnelle, démission qui a ce jour n'a pas été présentée.

En conséquence, contrairement à ce qu'écrit l'auteur, Gilles Garnier est toujours Maire-Adjoint à cette date. Il serait même dans son droit à demander un droit de réponse à l'auteur voire à le poursuivre en justice.

Mais cette bévue de l'auteur vient sans doute de sa mauvaise interprêtation de ce qui s'est passé au Conseil Municipal du 24 juin et qui avait fait l'objet d'un communiqué de presse expliquant que « (...)  Face au constat de son échec, à la déliquescence du groupe socialiste, nous ne pouvons plus rester dans la majorité municipale. Les adjoints au Maire, Gilles Garnier, Pascale Labbé, Samia Sehouane, Claudine Joubert, Mohammed Mechmache, rendent aujourd’hui leurs délégations au Maire de Noisy-le-Sec. (...) »

Or, rendre une ou des délégation(s) ne retire en rien le statut d' Adjoint au Maire. C'est une maladresse fâcheuse de la part d'un auteur qui se prétend tenir un blog politique.

♦ cinquième point :  Gilles Garnier travaille ... dans son bureau !

Et l'auteur de continuer : « En attendant, dans les rues noiséennes, sur le marché, dans les stades, ou au bord du canal, ce n'est pas M Garnier que je vois sur le terrain, 7 jours sur 7 proche des Noiséens. »

Rien de plus normal aurais-je tendance à vouloir répondre. Lorsque l'on rend ses délégations, par définition, on ne supervise plus les services concernés par les délégations en question.

Ceci étant dit, cela n'a pas empêché Gilles Garnier d'assumer sa semaine d'élu d'astreinte il y a peu de temps.

Mais peut-être l'auteur souhaitait-il faire comprendre à ses lecteurs qu'être vu « (...) dans les rues noiséennes, sur le marché, dans les stades, ou au bord du canal (...) » est une preuve d'un travail de fond dans la commune ?

Pour ma part, mais cela ne reste qu'un avis personnel auquel je reconnais à chacun le droit de me contredire, la place d'un élu, surtout lorsque l'on est Adjoint au Maire, c'est d'être dans son bureau, a étudier les dossiersavec ses collègues, ...  éventuellement de répondre aux courriers reçus, et non d'être dans les rues noisennes. Parce que pendant que l'on est dans la rue, justement, on n'est pas à son bureau.

Et si finalement ce n'était que cela le message adressé au Maire lorsque 20 élus ont créé une opposition municipale de gauche  ? Mais cela ne reste qu'une supposition fondée sur les interventions publiques des élus en question.

Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
Cet article n'engage que l'opinion de son auteur
© 11 Aoùt 2010 -
JENB Productions

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