Noisy-le-Sec va-t-elle devenir la ville la plus médiatique de France tant les clashs politiques à répétitions se succèdent ?

Le Maire socialiste se place en position de victime

Dans un long article paru hier 21 septembre 2010 dans le quotidien Le Parisien édition de Seine-Saint-Denis, titré « Certains élus ont saboté mon mandat », les auteurs Julien Duffé et Sébastien Thomas y relatent une interview avec l'édile socialiste.

« Je suis légitime car sortie des urnes » s'exprime-t-elle devant les journalistes. Cette phrase, qui tend à distiller dans l'esprit des lecteurs une interprêtation tronquée du Code électoral, nécessite de rappeler que l'élection municipale est un scrutin de listes et non un scrutin uninominal. En conséquence de quoi, et je m'en étais déjà exprimé dans un article précédent, le Maire est élu par les Conseillers Municipaux et non par les électeurs.

                     Article du Parisien édition Seine-Saint-Denis du 21 septembre 2010

Dans la suite de cet entretien, l'élu s'exprime en ces termes  « Certains élus ont saboté mon mandat  ». On peut en tout premier lieu s'étonner de la conjugaison au participe passé. Pour un Maire qui prétend poursuivre sa route malgré les obstacles, on peut douter de l'avenir par cette simple phrase. Un élu convaincu de réussir se serait sans doute exprimé dans une phrasologie plus optimiste telle que : " Certains élus tentent de saboter mon mandat ". On peut désormais douter de sa certitude affichée.

Ses partenaires historiques mis à l'index

Dans la suite de l'article, l'édile s'exprime ainsi  « Quand j'ai gagné l'élection (...) ». Une fois de plus, l'édile utilise la première personne du singulier et s'approprie de fait le fruit d'un travail collectif. Pour celle qui devrait être une fédératrice, c'est une étrange position, plus proche de la personnalisation que du rassemblement.

Elle poursuit en critiquant vertement ses partenaires historiques que sont les Verts et les Communistes, et en particulier, respectivement Anne Déo (Les Verts) et Gilles Garnier (PC). Notre Maire y confirme sa position :  « Je ne démisionnerai pas (... ) »  oubliant seulement de préciser un point important : Elle est en situation d'ultra minorité face à son opposition de droite (9 élus) mais surtout sa récente opposition municipale de gauche (13 élus communistes et société civile actuellement) depuis que les 6 élus Verts ont donné leur démission le 16 septembre dernier. Dans l'hypothèse où Gilles Garnier se maintiendrait, ce qui viendrait à renier ses prises de positions publiques récentes et donc serait suicidaire sur le plan électoral, il y aurait dans le nouveau Conseil Municipal : 9 élus d'opposition de droite (inchangé), 11 élus socialistes (+1) et 17 élus GRR (+4) d'opposition de gauche.



Quoi que veuillent en dire certains, notre ville présente une façade socialiste mais l'intérieur est bel et bien communiste. Depuis 30 mois, rien ne peut se faire sans l'approbation du groupe communiste. C'est ainsi. C'est le choix des électeurs, et  ne pas l'admettre consiste à renier les principes fondamentaux de notre République : La démocratie.

Dans la suite de l'entretien, tout juste reconnaît-elle qu'elle est  « peut-être allée trop vite pour mettre en place [ses] projets ». Là encore, c'est à pas feutré qu'elle reconnaît "peut-être" quelques erreurs, mais s'approprie une nouvelle fois un travail collectif en évoquant " mes " projets. A qui va-t-on faire croire qu'un Maire d'une ville de près de 40.000 âmes et quelques mille employés peut travailler seule ?

Est-il démocratique qu'un Maire porte seul 21 délégations ?

Elle est prête pour une élection anticipée

Sûre d'elle, trop peut-être, l'élue se déclare prête à repartir au front avec  « le soutien de la fédération PS et de Claude Bartolone ». Elle semble oublier que pour être tête de liste d'une éventuelle élection municipale, il lui faudra d'abord affronter le suffrage interne des militants socialistes. Or, et l'élection de 2008 en est un bon exemple, il est toujours de bon ton d'être prudent quant aux résultats d'une élection. Il y a parfois des surprises !

Conflit social en perspective ?

Pour le moins c'est ce que laisse supposer un tract de l' UFICT-CGT titré   « Sur le bord de la route ». Il est éloquant ! Ainsi peut on y lire :  « On nous a dit de ne pas faire de politique, alors nous n'en ferons pas. Si nous en faisions, nous nous poserions la question d'une maire désormais seule en charge de 21 délégations, nous nous interrogerions sur la diminution du nombre de conseils municipaux d'ici la fin de l'année, nous nous inquiéterions de l'entrisme d'un collaborateur du Maire dans certains services, de la primauté de l'information que les élus donnent aux blogs et de la place de Facebook dans le déroulement des carrières. Bref, nous poserions des questions touchant à la démocratie et l'attitude que devrait avoir un employé municipal face à une situation aussi peu démocratique »

Et de lire plus loin :  « (...) A croire que moins les services ont de personnel, plus la masse salariale augmente et que, moins ils dépensent, plus ils coûtent cher ! On prendra son air grave et responsable pour nous dire que c'est la faute du gouvernement, de la majorité précédente, de l'opposition de droite, de l'opposition de gauche, de la crise, du non vote du B.P. 2010, des tarifs d'Orange dans les pays méditerranéens ou de la canicule, ce qui est vrai pour une partie, mais qui reste une ficelle qui commence sérieusement à s'émousser. (...) »

Il y est par ailleurs évoqué des problèmes de mobilité de personnels, de  « convocations précipités », de  « mises au placard », de « sanctions ».

Visiblement, en plus de la plus grave crise politique qu'ai connu notre ville depuis un demi-siècle selon Olivier Deleu (Ump), s'annonce une crise sociale qui s'enracine et qui pourrait bien déboucher sur un mouvement social plus dur.Une grêve de nos agents comunaux pointerait-elle le bout de son nez ? Pour un Maire socialiste, donc de gauche, se mettre à dos les représentants syndicaux du personnel serait un comble !

Hier soir s'est déroulée une réunion "dans les hautes sphères".

Allons-nous vers une ville dirigée par une "co-gestion bicéphale", ce qui serait une ineptie tant les divergences sont profondes et indélébiles depuis 30 mois et suicidaire pour toute la gauche en son ensemble, ou bien Gilles Garnier, qui semble trainer des pieds pour faire l'ultime pas de rupture, va-t-il enfin se décider à se retirer de ce marasme glauque que les noiséens subissent de plein fouet depuis mars 2008 ?

L'ensemble des élus, de gauche comme de droite, se doivent aujourd'hui d"assumer pleinement leurs responsabilités en constatant la situation de blocage et se retirer afin que l'actuel Conseil Municipal soit ainsi dissout.

Seule une élection municipale anticipée peut aujourd'hui sauver notre ville à l'agonie. Il devient urgent que le corps électoral soit à nouveau convoqué pour recomposer un Conseil Municipal au sang neuf capable de réanimer cette ville moribonde.

Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
Cet article n'engage que l'opinion de son auteur
© 22 septembre 2010 -
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