Spécial Sapeurs-Pompiers de Paris

 

DEPUIS DEUX SIECLES A NOTRE SERVICE

Amateurs de camions rouges, cet évènement devrait vous ravir. Car cette année, la célèbre Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) fête ses 200 ans.


Affiche officielle du bicentenaire de la Brigade des sapeurs-Pompiers de Paris
© Source : Site Officiel de la BSPP


Une Histoire unique au monde (1811 - 1945)

Comme beaucoup de créations, la naissance de la BSPP sera consécutive à un évènement majeur. En effet, le 1er juillet 1810, l'Empereur Napoléon 1er et l'Impératrice Marie-Louise échappent de peu à un important incendie lors d'un bal donné par l'Ambassadeur d'Autriche.

Un peu plus d'un an plus tard, le 18 septembre 1811, l'Empereur crée le « Bataillon des Sapeurs-Pompiers de Paris ». Ce corps militaire est chargé de la protection incendie de la capitale. Le 5 décembre 1866, le Bataillon est transformé en « Régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris » qui comprend deux Bataillons de six Compagnies chacun.

Le 27 mars 1897, le dramatique incendie du Bazar de la Charité cause la mort de 130 personnes.

Lors de la célèbre crue de janvier / février 1910, les Sapeurs-Pompiers de Paris sauvent 643 personnes de la noyade.

Lors de la première guerre mondiale, les Sapeurs-Pompiers de Paris assurent la défense de la capitale, participent aux combats de tranchées et apportent leurs renforts à des villes sinistrées par les bombardements, telles que Reims, Verdun,...

Pendant la seconde, ses effectifs sont doublés. Les « Soldats du Feu » de Paris sont avant tout des militaires. Ils participent donc à la défense active de la Capitale tout en poursuivant leurs missions de sauvetages et en préparant la Libération sous l'intitulé « Réseau de Résistance Sécurité Parisienne » aux cotés d'autres réseaux dont celui de la « Résistance Fer » des personnels cheminôts. Le Général de Gaulle les en félicitera en ces mots : « (...) Paris libéré de l'ennemi sait ce qu'il doit aux Sapeurs-Pompiers de Paris (...) »

Après l'éclatement du Département de la Seine qui donnat naissance au Département de la Seine-Saint-Denis (93), celui du Val-De-Marne (94), et celui des Hauts-de-Seine (92), le « Régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris » devient « Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris » en 1967.


De l'incendie aux secours à victimes (1945 - 1986)

30 ans de véhicules d'incendie en France Par André  Horb & Jean-Etienne Martineau chez E/P/A Editions

Après la guerre, la mission des Sapeurs-Pompiers va progressivement se modifier sous l'impulsion d'une circulation automobile croissante... et l'hécatombe routière qui l'accompagne.

C'est ainsi que le Code de la Route va également évoluer dans son paragraphe « véhicules prioritaires ». Avant 1961, date à laquelle les « véhicules de lutte contre l'incendie » furent équipés de gyrophares oranges (gyrophare lent à lentilles rotatives), les pompiers n'étaient signalés qu'avec un simple phare rouge, fixe ou clignotant, central sur la calendre, parfois sur le toit. Le gyrophare bleu n'apparait dans le Code de la Route qu'en 1971, date à laquelle les ambulances passent au feu bleu clignotant. [NDLA : lire aussi l'article « Enfant percuté par une ambulance : classification des véhicules d'urgence » ]

N'étaient donc prioritaires, jusqu'en 1971, que les véhicules de pompiers « porteurs d'eau » et les « véhicules-échelles ».

Mais progressivement, la lutte contre les incendies cède peu à peu sous l'activité des secours aux blessés de la route. En plus des ambulances dont la Brigade disposent déjà pour soigner ses propres soldats blessés au feu, généralement de simples véhicules break aménagés pour transporter un blessé et deux sapeurs (Sur bases de Renault Juva 4, Renault Prairie - comme la photo 3 ci-dessous, de la BSPP - Peugeot 403, Citroën DS, Renault Domaine,...),  ils se dotent de nouveaux véhicules dont le plus célèbre fût longtemps le V.S.A.B. : « Véhicule de secours aux asphyxiés et blessés » sur bases de Tube Citroën, Renault Trafic, Peugeot J7,.. Dans ces nouveaux véhicules, on peut soigner deux personnes.

Une ambulance du Régiment de Pompiers de Paris vers 1954 (Extrait du livre ci-dessus)


Ainsi, selon le livre ci-dessus que je vous recommande tellement il est riche d'iconographies parfois très insolites de véhicules rares parfois même uniques car expérimentaux, on apprend qu' « En 1932, les compagnies de chemins de fer prêtèrent au Régiment des Sapeurs-Pompiers de Paris des ambulances sur châssis Delahaye type 140 série A qui permettaient de transporter cinq blessés couchés. Ainsi la SP-VA 2 [ NDLA : Les Pompiers de Paris ayant une immatriculation spéciale ] fût mise en service en 1934 à la caserne Chateau-Landon et finit sa carrière au début des années 60 à la caserne de Bitche ».

A cette période, la BSPP étudie une nouvelle ambulance pour soigner les pompiers asphyxiés au feu, mais aussi les accidents de plongées, les noyades,... 

Car il faut préciser que les Pompiers de Paris disposent de leur propre service médical.

Dans le même temps, à l'occasion d'une épidémie de poliomyélite (1956), le Professeur Maurice Cara de l'hôpital Necker à Paris, étudie un concept permettant de transporter sous assistance respiratoire des malades d'un service hospitalier à un autre. Il crée ainsi la toute première « ambulance médicalisée » en France, équipée de matériel de réanimation.

Dans les années qui suivent, d'autres Professeurs créent ce que l'on appelle désormais des «Unités Mobiles Hospitalières ». Au fil des ans, et face à l'hécatombe routière, ces UMH, officialisées dès 1965, ne se contentent plus de réaliser des transferts inter-hospitaliers. « Elles se déplacent au pied de l'arbre » où se trouvent généralement les accidentés de la route, éjectés de leurs voitures à une période où le port de la ceinture n'est pas encore obligatoire et les limites de vitesses inéxistantes (17'000 morts en 1972) .  Le Professeur Louis Lareng crée ainsi le premier (et unique à l'époque) SAMU de France à Toulouse en 1968 et sera officialisé par la loi du 19 juillet 1972. Mais ce n'est qu'à partir de 1979 que le public pourra leur téléphoner directement.

Une ambulance du Samu de Paris. © Collection Th. Delatte (source)

Dans les années suivantes, les SAMU se créent un peu partout en France. Le Professeur Huguenard de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil se verra même doté d'une ambulance jaune citron, pas du tout conforme au blanc imposé par la DDASS. Ces ambulances de réanimation ne sont même pas prioritaires (feu bleu clignotant et klaxon 3 tons). Las de fournir des escortes motocyclistes de la police pour ouvrir la route à ces ambulances, le préfêt décide alors de déroger les ambulances du SAMU 94 en véhicules prioritaires (gyrophare bleu et klaxon à deux tons).

A Paris, ce sont les cars « Police-Secours » (photo ci-dessous) qui transportent les victimes de la voie publique après les premiers soins prodigués par les pompiers.

 

1986 : L'Aide Médicale Urgente

La loi de janvier 1986 va être un tournant dans l'histoire du secours d'urgence puisqu'elle crée les SAMU tels qu'on les connait actuellement. Les SAMU sont de véritables services hospitaliers. Dans un premier temps, c'est un peu la "guerre" entre les ambulances rouges des pompiers et blanches des SAMU. Mais peu à peu, les rouages se huilent et les SAMU passent des conventions avec la Brigade. Contrairement aux Etats-Unis qui disposent d'ambulances « Paramédics », la France opte pour le tri préalable. En cas d'accident, les Sapeurs-Pompiers envoient un véhicule de premiers secours qui passe un bilan à son médecin régulateur qui décide ensuite éventuellement de l'envoi d'une ambulance médicalisée. Le territoire de Paris et petite couronne est ainsi sectorisé. C'est ainsi par exemple que notre ville de Noisy-le-Sec est défendue en premier départ par les équipes pompiers du centre de secours de Bondy et l'ambulance de réanimation de la BSPP de Montreuil. 

Plus récemment, le V.S.A.B. est réformé et remplacé par une nouvelle norme d'ambulance : «Le Véhicule de secours et d'assistance à victime » (VSAV), véritable véhicule de prompt-secours médicalisable si besoin (photo ci-dessous, libre de droits)

Le 14 septembre 2002, lors d'un dramatique incendie à Neuilly-sur-Seine, cinq Sapeurs périssent lors d'un flash-over. C'est le plus lourd bilan de la Brigade en temps de paix.

En 2005, lors de l'incendie Paris-Opéra, la Brigade réalise son record de sauvetages au feu. Elle recevra à ce titre la médaille d'or pour acte de courage et dévouement du Ministre de L'Intérieur et la médaille d'or de la Défense Nationale.


La BSPP : Créateur de véhicules originaux

Car la BSPP a aussi un rôle dans la conception de nouveaux véhicules. C'est pourquoi certains véhicules sont spécifiques à la Brigade comme le fût le PSR (Premier secours relevage). Il en est de même dans la conception de véhicules de lutte contre l'incendie, de véhicules polyvalents (les PS - Premier secours, photo ci-dessous), de véhicules de secours routiers,...

un véhicule de premier secours des Pompiers de Paris © Archives JENB Productions

Les nouveaux risques technologiques, chimiques, radiologiques et environnementaux seront l'occasion de créer de nouveaux véhicules spécifiques (photo ci-dessous).


Bicentenaire : Des expos, un livre, un timbre et une soirée de gala

Pour fêter ce bicentenaire, la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris vous propose une exposition itinérante dans différente mairies de paris et de la banlieue parisienne (Pour les habitants de Noisy-le-Sec, du 12 au 18 septembre au centre de secours de Bondy). Un livre sortira en septembre aux éditions Albin Michel dans les librairies. Le 17 septembre, une soirée de gala « La nuit du feu » se déroulera au palais omnisport de Paris-Bercy et dès le lendemain un timbre spécial sera mis en vente par la Poste.

La seine-Saint-Denis et le tiers nord-est de Paris est défendu par le 1er groupement d'incendie dont le commandement est situé à Montmartre.

Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
© 22 juillet 2011 - JENB PRODUCTIONS (Noisy-le-Sec)

 

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Références

JENB Productions ; site officiel de la BSPP ; Wikipédia ;