Sécurité publique & Incendie


ARTICLE DE POLITIQUE-FICTION

 

Par
Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret

En ce samedi 9 février 2013, bien que le temps soit un peu frais, la météo nous a épargnés de la neige ou de la pluie. Cette fin de marché bat son plein : La crise qui frappait la Grèce en 2010 s'est aggravée et n'a pas épargné la France, après avoir frappé l'Italie et l'Espagne. C'est pourquoi ils sont de plus en plus nombreux ces clients à venir faire leurs courses juste avant la fermeture des étals, au moment où les commerçants baissent leurs prix et commencent à ranger. Les militants politiques échangent quelques mots avec des Noiséens tout en commençant à remettre leurs journaux ou leurs tracts dans leur caddie et la société Haro*, concessionnaire de la ville depuis de nombreuse années entame son processus de nettoyage : Une poignée d'employés, tout de jaune vêtus, déversent les conteneurs dans le camion-benne qui neutralise la voie de circulation générale de la rue Jean Jaurès, ainsi que quelques véhicules de commerçants en plein remballage.

 

Et soudain la foule est prise de panique

J'arpente tout ce petit monde bien joyeux  et en profite pour échanger quelques mots avec quelques-uns : Des responsables d'associations, des Conseillers de quartiers, des personnalités politiques locales et pas mal de voisins.

Dans la rue Jean Jaurès, çà klaxonne un peu. Comme les véhicules doivent circuler sur la voie de bus, inutile de dire que dès qu'un bus se présente à l'arrêt du marché, çà coince pas mal. Surtout que les bus de cette ligne sont fréquents. Malgré leur grand volume (bus articulés), vu le nombre de passagers descendant et montant, avec pour la plupart des caddies ou des poussettes, les arrêts sont nombreux et durent plusieurs minutes

Soudain des cris commencent à s'entendre, mais à l'autre extrémité du marché, coté rue Pierre Brossolette. La panique commence à se faire sentir dès que certains crient « Au feu ! Au feu ! ».

Cette clientèle sage et patiente devant les commerçants devient soudainement une foule prise de panique. Après avoir regardé d'un oeil inquiet vers le fond du marché, tout d'abord médusés par cet incendie qui semble avoir pris vers le 9ème étage d'une tour qui en compte une quinzaine (Photo d'anticipation ci-dessus), la plupart se reculent vers la rue Jaurès. Peut-être certains ont-ils peur que des débris enflammés ne tombent sur les auvents du marché tout proches. D'autres au contraire se rapprochent.

Mais surtout, tout va très vite. A peine ai-je eu le temps de me frayer un chemin à travers la foule que l'incendie semble violent : Les flammes lèchent déjà la façade. Les volets en plastique, pour beaucoup à moitié ouverts, dégagent une odeur noirâtre et âcre à la gorge pendant que l'incendie se propage déjà aux étages supérieurs (Photomontage d'anticipation ci-dessous).

 

Immédiatement je contacte la Police Municipale. Il est vrai que l'année passée, les effectifs ont encore été augmentés et ce service fonctionne désormais tous les samedis. J'aurais pu contacter les pompiers, mais visiblement d'autres personnes autours de moi sont déjà en communication avec eux. Alors que j'explique la situation par téléphone au fonctionnaire qui m'écoute, je l'informe des problèmes que vont rencontrer les pompiers : Tous les accès sont obstrués. D'autant plus grave que le feu s'est déclaré dans la partie sud-ouest de la tour, c'est à dire les appartements coté arrière du bâtiment. Immédiatement, avant même d'avoir raccroché, je l'entend envoyer par radio un premier équipage sur les lieux.


A peine le véhicule de Police Municipale est-il sur place (Photomontage ci-dessus) que déjà retentissent les sirènes de pompiers. De la gare déjà déboulent un Fourgon-premier secours suivi d'un camion échelle (Photo ci-dessous) et d'un fourgon-pompe. Au Service Inter-Départemental d’Incendie et de Secours* (Le SIDIS*, corps militaire), les protocoles sont stricts et très performants. La Police Municipale ne peut même pas se rendre dans la tour, ils doivent déjà fluidifier la voie de bus pour que les camions de pompiers puissent passer.

Accès bouchés : Les pompiers retardés

Tant bien que mal, après avoir obligé un bus à quitter immédiatement son arrêt, les premiers véhicules de pompiers arrivent à la hauteur de la place des Découvertes.

Oui mais problème ! Les engins n'ont pas la place de passer. Le placier a bien commencé depuis quelques minutes à demander aux commerçants volants, installés le long de la rue Damoiselet, de replier leurs étales, mais Ils sont nombreux, leurs marchandises volumineuses, leur parasols de grande taille. Sans même évoquer tous les clients. Il est déjà difficile de se croiser avec une poussette, les pompiers ont bien du mal à se frayer un chemin dans l'allée principale avec leur dévidoirs roulants. l'Accès par la rue Jean Jaurès est impossible. (Photomontage ci-dessous)



Sans compter que déjà de nombreux autres engins de secours arrivent de toutes les casernes environnantes : Mais le plus grave est que les engins échelles ne peuvent accéder au pied de la tour : L'accès de la place des Découvertes est complètement bouché. Coté rue Pierre Brossolette la situation n'est guère mieux : Les commerces obstruent complètement l'accès à la place des Découvertes (photo ci-dessous)

 

La Police Nationale se présente sur les lieux. Elles demande d'importants renforts car il va falloir neutraliser toutes les circulations sur Noisy. Vu l'importance du sinistre, ce sont des dizaines d'engins qui  vont converger sur la ville, remplir les rues de kilomètres de tuyaux et de centaines de sauveteurs en plus de la foule de plus en plus nombreuse.


Une école transformée en hôpital en 15 minutes

Le Maire, Laurent Relanssont*, déclenche immédiatement le Plan Communal des Risques Urbains* (le PCRU*) qui prévoit toutes les procédures à suivre en cas de catastrophe majeure : Réquisition d'un grand bâtiment municipal, en l'espèce, l'école Pierre Brossolette toute proche, pour la transformer en hôpital. Car déjà une première ambulance de réanimation et plusieurs véhicules de secours à victimes du SIDIS*  se présentent sur les lieux conjointement aux ambulances de réanimation du Service Départemental d'Urgence et de Réanimation* de Seine-Saint-Denis (le SDUR 93*) .

 

Elisabeth Lecoeur*, Adjointe au Maire en charge de la santé a eu la bonne idée de faire voter lors du budget précédent un lot spécifique " catastrophes " : Ainsi, les services techniques de la ville, transportent-ils pas moins de 50 couchages avec couvertures, 10 berceaux, ainsi que des produits de première nécessité pour la prise en charge des personnes impliquées et évacuées : Des produits spécifiques pour les tous-petits, de quoi fournir des boissons chaudes, de l'eau, et quelques barres nutritionnelles pour les " impliqués " non blessés. Ainsi, en moins de quinze minutes, la ville met en place une zone d'attente confortable dont notre comité Croix-Rouge, également alerté par le maire, assure le bon fonctionnement et l'assistance à ces naufragés. L'autre partie de cette grande salle étant transformée en poste médical avancé par le SIDIS* et le SDUR 93*.

Les pompiers ne pouvant approcher leurs échelles du bâtiment, c'est par les escaliers que les pompiers attaquent le foyer qui s'est maintenant étendu aux trois étages supérieurs.

Lors d'une conférence de presse, le Lieutenant-Colonel Gendron*, qui dirige les opérations de secours explique : « Nous avons été alertés à 11h55 pour un feu d'appartement, au 9ème étage d'un RDC+14. A l'heure actuelle, il s'agirait d'un incendie domestique parti d'une chambre où un jeune enfant aurait joué avec un briquet et aurait allumé accidentellement le feu aux rideaux. Les premières équipes sont arrivées sur les lieux moins de huit minutes plus tard mais elles ont été confrontées à un accès impossible des engins au plus près du sinistre. Le chef de garde a alors sollicité de nombreux renforts. Des engins qui sont arrivés par la rue Brossolette ont été gênées par des camions mal garés. Tous les logements en dessous du sinistre, sur les huit premiers étages, ont pu être évacués et les familles recensées au poste médical avancé avant d'être prises en charge par nos équipes épaulées de la Croix-Rouge et des services municipaux. Concernant les habitants des étages supérieurs, nous déplorons malheureusement 3 personnes décédées et 25 blessés, des suites d'inhalation de fumées toxiques lorsqu'elles ont voulu évacuer l'immeuble par les escaliers complètement enfumés. Nos engins échelles n'ayant pu être utilisés en raison d'une place des Découvertes inaccessible, les pompiers ont du évacuer vers le toit les familles des étages supérieurs par les escaliers après les avoir équipées d'appareils respiratoires. Parmi les 25 blessés, 3 le sont plus gravement : Il s'agit de pompiers victimes d'une explosion de bouteille de gaz qui se trouvait dans un des appartements. Au total, ce sont plus de 150 pompiers venus de 32 casernes qui sont intervenus avec 43 véhicules de secours. L'enquête a été confiée à la brigade départementale de police de Seine-Saint-Denis. »

Le maire félicite les services municipaux

Lors d'une brève allocution, le maire a souligné le travail remarquable des services municipaux : « Je suis profondément attristé par ce drame. Je souhaite toutefois féliciter l'ensemble des personnels municipaux pour leur réactivité. De nombreux agents de la commune, pourtant de repos, sont venus prêter main forte à leurs collègues d'astreinte. La mise en place du Plan Communal des Risques Urbains* (le PCRU*) et sa dotation récente en matériel de catastrophe a permis l'accueil des familles dans des conditions optimales avec le concours de la croix-Rouge. Nous allons pouvoir nous occuper de ces familles pendants plusieurs jours, le temps pour elles que leur soit trouvé un nouveau logement. Un architecte et des experts doivent arriver dans quelques heures pour savoir si une partie des logements peut être à nouveau occupée. »

La sécurité incendie : L'affaire de tous !

Fort heureusement, cet article n'est qu'un billet de politique fiction. Il n'y a donc eu aucun sinistre ni aucune victime. Tous les noms, appellations et sigles mentionnés d'un * ne sont que pure fiction.

Toutefois, bien qu'il s'agisse d'un article sorti de mon imaginaire, la sécurité incendie des bâtiments situés en périmètre de la place des Découvertes se pose bel et bien, surtout si le sinistre venait à se produire un jour de marché. La tour du 14 Pierre Brossolette, bien réelle celle-ci, a été choisie volontairement car elle est sans doute la plus vulnérable dans ce type de scénario.

Faire respecter les accès pompiers !


Tous les automobilistes s'en fichent complètement. Mais nombre d'accès pompiers sont régulièrement obstrués : Les places Dreyfus et des Découvertes sont irrégulièrement utilisées par des véhicules en stationnement. L'allée Béthisy, en ses deux entrées sont elles aussi régulièrement utilisées comme place de stationnement alors que ce sont des voies Pompiers.

Quant au marché, il va bien falloir se pencher un jour sur sa configuration : La rue Adrien Damoiselet doit rester une rue interdite à la circulation et les commerçants qui y sont implantés les jours de marché devront voir leur emplacement redéfini, car cette voirie doit rester en permanence accessible aux engins à fort gabarit des Sapeurs-Pompiers. Peut-être peuvent-ils être redéployés sur les "espaces verts " proposés dans un précédent article permettant, dans cette hypothèse d'animer quelque peu la Place Dreyfus.

De la même façon, si une voie pompiers est réellement instaurée place Dreyfus, il va falloir sévir pour que cette allée conserve sa fonction première : Les secours ! Or, force est de constater que ce n'est pas le cas à présent (photo ci-dessus).

 

Notre service de Police Municipale (Photo ci-dessus), qui par définition est le service qui connait le mieux les voiries de la commune, doit recevoir des instructions toutes particulières de notre Maire pour que les stationnements et arrêts irréguliers, et en particulier ceux obstruant les accès des secours, soient verbalisés sans aucune indulgence avec mise en fourrière immédiate si nécessaire.

Si un Maire a le pouvoir de faire verbaliser et retirer les véhicules qui stationnent irrégulièrement sur le circuit d'une course cycliste ou pédestre, alors il a la capacité et le devoir de faire preuve de la même fermeté vis-à-vis d'automobilistes égocentriques qui obstruent les accès pompiers ou les poteaux d'incendie.

La sécurité publique, c'est à dire la sécurité de nous tous, est menacée dans ce type de scénario.

Il conviendra que la municipalité investisse dans les signalisations horizontales (marquages au sol) et verticales (panneaux) pour que les accès pompiers soient signalés efficacement (photos ci-dessous) et fasse respecter, avec la plus grande fermeté, ces accès indispensables aux secours.



Avant que cette fiction ne devienne une triste réalité.

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Références

JENB Productions ; JENB Productions sur Dailymotion ;

 

Auteur

Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
© 16 Novembre 2011 - JENB PRODUCTIONS (Noisy-le-Sec)