Faits-divers


Stop au laxisme



Par
Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
Cet article n'engage que l'opinion de son auteur

panneau stop au laxisme

Ce matin aux environs de 6h00, un véhicule de la BAC75 de la Police parisienne a été pulvérisé par un 4x4 sur le périphérique intérieur entre la Porte de Clignancourt et la porte de la Chapelle. Deux policiers ont été tués sur le coup et un troisième voit son pronostic vital engagé.


Encore un multirécidiviste

Au petit matin, un puissant Range-Rover 4x4 noir a été pris en chasse par un premier équipage de la Bac à proximité de la Porte Maillot (75017) pour de nombreuses infractions au code de la route. Ce premier équipage a été semé par les délinquants. C'est un second équipage, à bord d'une Ford Mondéo, prévenu par les ondes et qui était à la recherche des fuyards sur le trajet supposé de sa fuite, qui a alors été violemment percuté par l'arrière par le bolide. Le véhicule de police a été littéralement pulvérisé lors de l'impact, comme en témoigne les images de Kenzo Tribouillard de l'AFP.

     2013 02 21 policiers tués sur le périphérique 02

L'état de la voiture de police, pulvérisée par un 4x4 ce matin porte de la Chapelle à Paris, laisse deviner la violence du choc. © Kenzo Tribouillard / AFP

Malamine Traoré, le conducteur de l'onéreux bolide, dont on se demande au passage comment il a été financé par un jeune délinquant, était connu des services de police pour des faits de vols et trafics de stupéfiants, mais aussi pour six condamnations de délits routiers « dont cinq fois sans permis » rapporte Le Parisien. 

D'après l'article paru sur Le Point.fr qui cite une source AFP, le multirécidiviste avait une alcoolémie à 1,4 g/litre de sang, soit trois fois la limite tolérée.

Son passager,  Medhi Bensassou, également âgé d'une vingtaine d'années, était lui aussi en état d'ébriété incontestable à 1,6 g/l. Ce second individu n'était, semble-t-il, pas connu des service de police.

Les deux fonctionnaires de police tués étaient âgés de 32 et 40 ans. Mariés ils étaient pères respectivement d'un et deux enfants. Les trois victimes étaient fonctionnaires de la BAC 75 Nuit, selon le site Altlantico.fr.

Le chauffard a été placé en garde à vue pour " homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique ". L'enquête a été confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris.

Les élus socialistes se surpassent dans la médiocrité

Manuel Valls - Image d'illustration

Comme à chaque fois dans ce type de tragédie, le ministre de l'Intérieur s'est exprimé. Selon Le Point.fr, Manuel Valls (PS), photo d'illustration ci-contre, « présente ses condoléances aux familles et aux proches des policiers et souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce drame ». Sans doute les images de l'AFP ne sont-elles pas assez explicites pour le ministre.

Cette déclaration va sans aucun doute réconforter les épouses éplorées, les enfants orphelins et les collègues traumatisés.

Avec une déclaration aussi convenue et insipide, le ministre socialiste se surpasse dans la médiocrité. On attendait, face à un tel carnage, une déclaration volontariste, un message de fermeté, un communiqué sans aucune équivoque envers la communauté délinquante. Sans aucun doute, cette dernière ne sera aucunement inquiétée par ces propos lacunaires et de toute évidence démesurément pondérés. Un ministre, en tout cas, pas à la hauteur de l'évènement.

Bertrand Delanoë, Maire (PS) de Paris a, selon Libération.fr,  exprimé sa « très vive émotion » et a assuré « l'ensemble des policiers qui servent à Paris, et en particulier les équipes des BAC, de (son) total soutien dans l'exercice difficile de leur métier ». Avec ce message, nul doute que nos forces de l'ordre se sentiront immédiatement réconfortées.

La médiocritude socialiste à son zénith.

Taubira  : Le laxisme

Christiane Taubira

Hasard du calendrier, Le Parisien publiait ce matin une interview exclusive de la ministre de la Justice - réalisé donc avant la connaissance du drame - dans lequel Christiane Taubira (PRG), photo d'illustration ci-contre, s'exprimait sur sa politique pénale laxiste. La coïncidence voudra - malheureusement - qu'elle se soit exprimée justement sur les délits routiers en ces termes. Extrait :

« Journaliste : Certaines infractions pourraient-elles ne plus être punies de prison? 

Ministre : Les gouvernements précédents ont rendu passibles de prison certains délits qui relevaient de la contravention. C’est le cas de certains délits routiers : ils représentent 42% des jugements prononcés par nos tribunaux correctionnels ! Il ne s’agit pas de dépénaliser tous ces délits, mais certains pourraient faire l’objet d’un traitement différent, comme la médiation. Une réflexion doit être menée, en tenant compte de la gravité des faits. »

On constate,  à peine quelques heures seulement après son interview, toute la pertinence des  réflexions sur la politique pénale en matière de délits routiers menée par l'élu PRG. On sent immédiatement cette ministre en phase avec la réalité quotidienne.  

Visiblement Madame Taubira est-elle plus prompte à défendre le mariage homosexuel qu'à engager une réforme pénale sévère devenue nécessaire pour stopper la délinquance qui, compte tenue de la politique judiciaire laxiste, élargit désormait son champs à la criminalité ordinaire. Dont acte.

Les policiers sous le choc

Police Nationale Noisy 02

Nicolas Comte, porte-parole du syndicat Unité-SSP, premier syndicat des gardiens de la paix, a déclaré : « C'est à la fois un sentiment de tristesse et de révolte devant le comportement du chauffeur de ce véhicule. Mais ce qui domine, c'est une grande tristesse pour ces collègues décédés avec, évidemment, une pensée pour leurs proches ».

Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance, second syndicat des gardiens de la paix,  a déclaré : « Aujourd'hui, nous sommes en état de choc, plus particulièrement les collègues de la BAC de Paris. On voit bien le rôle des BAC, toujours les premiers à intervenir, 24 heures sur 24. Un contrôle quel qu'il soit n'est jamais anodin » selon Le Point.fr.  

Bruno Beschizza, ancien policier et secrétaire national de l'UMP a tenu à apporter une vision plus réaliste de la situation en ces termes : « Ces nouveaux décès de policiers nous rappellent les risques que toutes les forces de l'ordre prennent tous les jours sur le terrain afin d'assurer la sécurité de nos concitoyens.
Ceux-ci servent nos compatriotes parfois au péril de leur vie, qu'ils soient policiers nationaux, pompiers, policiers municipaux ou gendarmes. (...) [et] souhaite que l'enquête fasse toute la lumière sur les conditions de l'interpellation, sur l'état du conducteur, et sur le passé judiciaire des individus.

Cette tragédie nous rappelle malheureusement, que des malfaiteurs aujourd'hui n'hésitent plus à porter atteinte à l'intégrité physique des représentants des forces de l'ordre. ».

La Justice a sa part de responsabilité

Ce dramatique fait-divers met à nouveau en lumière le laxisme de la politique pénale de la France depuis de trop nombreuses années, en particulier la justice des mineurs qui nous a fabriqué trois générations de multirécidivistes, aujourd'hui majeurs, qui sévissent en totale impunité sur notre territoire.

Justice02

Il est sans aucun doute vrai que l'incarcération n'est pas la peine adéquate à toutes les situations. Mais il devient parfaitement intolérable que les homicides routiers bénéficient d'une telle clémence. Car quinze ans après le drame d'Annick Brochand sur l'autoroute A1, brûlée vive avec ses trois enfants alors âgés de 14 ans, 4 ans et 18 mois, force est de constater que les tribunaux français n'ont toujours rien compris aux enjeux de la criminalité routière et n'ont pas réussi à endiguer l'épidémie de l'hécatombe routière.

Les juges, de la Seine-Saint-Denis en particulier pour vivre dans ce département, mais plus globalement sur l'ensemble du territoire, ne cessent de crier haut et fort le manque de moyens à leur disposition pour justifier leurs longs délais de procédures et expliquer les embouteillages dans leurs salles d'audiences.

Si ces mêmes juges avaient appliqué des peines dissuasives, peut-être n'en seraient-ils pas là. Car, lorsque vous assistez à une audience de comparutions immédiates en correctionnelle et que vous y voyez défiler des individus avec jusqu'à 23 mentions au casier judiciaire, donc autant de comparutions, on ne peut s'empêcher de se questionner sur l'aspect dissuasif des 22 condamnations antérieures. Dont parfois plusieurs par la même Cour.

Le ou les juges qui ont condamné antérieurement Malamine Traoré pour ses délits routiers porte(nt) aujourd'hui une lourde responsabilité dans la mort de nos fonctionnaires de police ce matin.

Auteur : Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret 
© 21 février 2013 - JENB Productions - Noisy-le-Sec


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