Politique nationale


Les vrais responsables ne sont pas dans la rue



Par
Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
Cet article n'engage que l'opinion de son auteur

En ce soir du samedi 8 juin, le journal télévisé de 20h sur France 2 revient sur les suites judiciaires engagées à la suite du dramatique décès de Clément Méric (photo ci-dessous), ce jeune homme de 19 ans, militant actif des mouvances d'extrême gauche, tué lors d'une rixe fortuite avec des militants de l'extrême droite, à peine plus âgés que lui, mercredi soir à Paris. Dans la déferlante hystérique qui s'est emparée, tant des médias que de la classe politique depuis les faits, on en oublierait presque l'enquête. Mais ce qui interpelle avant tout, c'est la radicalisation des opinions. 

Clément Méric

En ce samedi après-midi donc, des milliers de sympathisants de la jeune victime ont manifesté pour dénoncer, dans une précipitation évidente, un « assassinat politique » dans la ligne droite d'un procureur enquêtant à charge sur le chef d'accusation d' « homicide volontaire ». 

De la légitime tristesse suscitée par des faits d'une banalité inquiétante, voici la vindicte populaire sombrant dans l'outrance avec l'évidente complaisance des médias dans une obscène concurrence de l'information à destination d'un public forcément avide de propos scabreux et d'images violentes. Car, seules les qualités politiques des protagonistes donnent une caisse de résonance particulière à ce fait-divers qui n'est autre qu'une rixe tragique entre jeunes. L'histoire à déjà montré par le passé des violences mortelles entre jeunes pour des motifs tout autant futiles qu'une histoire de cigarette refusée, d'un regard mal croisé, d'un mot de travers, de rivalités entre quartiers ou d'histoires de nanas.

Si le motif de la rixe n'excuse en rien la gravité des faits et sa juste condamnation à venir, il était facile pour les médias de ne pas succomber à la surenchère, alors que l'on apprendra, quelques temps plus tard, que même la vidéo-surveillance ne permettait pas d'établir avec certitude qui a porté le premier coup. Et tant bien même ! Ces mêmes médias n'ont que peu souligné le fait que la jeune victime aurait sans doute pu être à l'origine de l'affrontement par ses propos volontairement provocateurs, dixit une conférence de presse. Il n'est pas nécessaire d'avoir suivi un cursus à Sciences-Po pour savoir que, si on provoque verbalement et avec arrogance un bande de crétins baraqués, crânes rasés, à la réputation d'ultra-violence connue, il y a toutes les chances de se ramasser, en retour,  un pain en pleine gueule ! Et un coup parfois suffit à tuer. 

Sommes toutes, plusieurs jours après le drame, les médias institutionnels ont déjà tourné la page vers d'autres évènements, puisque même Le Parisien de ce jour ne l'évoque plus qu'au détour d'un bref encart sur Mélanchon à ce sujet, le leader de gauche, avec la finesse qui le caractérise, apostrophant outiancièrement le ministre de l'Intérieur. Et l'on peut donc appréhender cette mort avec un peu plus de recul et de sérénité, alors que les premières mises en examen viennent d'être officialisées par un juge d'instruction qui, d'ors et déjà, a requalifié les chefs d'inculpation, qui peuvent certes encore évoluer selon l'avancement de l'enquête à venir, en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « violences en réunion ».  Des poursuites à l'encontre des compagnons du jeune Clément au moment des faits ne sont pas écartées non plus. C'est peu dire si, plusieurs jours après ce décès, les circonstances et les responsabilités des protagonistes ne sont pas clairement établies.

Pays déliquescent

Hommage à Clément Méric

Si les réactions d'émotion sont compréhensibles de la part des proches de la victime, qui ont d'ailleurs défilé dans le calme, l'emballement politico-médiatique nauséabond qui a prévalu les premiers jours de l'enquête ne mettent qu'en exergue le climat lourd et pesant émanant d'une frange inquiétante de la classe journalistique, en quête d'audimats sulfureux, et de la majorité de nos élus de tous bords, toujours prompts à s'emparer et commenter le premier fait-divers venu pour tenter béatement d'exister dans la nébuleuse et chaotique déliquescence de notre pays abandonné complaisamment aux réseaux sociaux depuis trop longtemps. Ce n'est plus de l'information, mais de la manipulation de masse. La bourde chiraquienne suite à une pseudo agression antisémite dans un RER n'a visiblement pas marqué les esprits quant à des réactions médiatiques trop rapides et donc susceptibles d'incertitudes.

De la manipulation violente de surcroît, comme il a été possible de le constater moult fois à l'occasion de débats vomitifs sur lesdits réseaux sociaux à l'occasion du débat sur le mariage pour tous, où même des gens modérés dans leur propos, favorables ou non au projet de loi, se faisaient houspiller grossièrement par la partie adverse dans un climat délétère, violent et prémonitoire des faits survenus mercredi soir.

Car ce dramatique fait-divers n'est au final que la résultante du comportement, qui n'a que trop duré, d'une classe politique crasseuse, surendettée de promesses électorales non respectées, exsangue de courage, dénuée de toute forme d'honnêteté, fût-elle morale, intellectuelle ou politique, empêtrée dans une myriade de scandales politiques et financiers dont l'indécence et la récurrence témoignent de la décadence de notre pays,  préférant surfer sur les positions populistes de lobbys minoritaires, en ayant pris le risque de fracturer la société.  Durablement, comme l'ont prouvé les manifestations relatives au mariage pour tous. Sauvagement comme le prouve ce faits-divers.

Le gouvernement socialiste porte là une très lourde responsabilité dans ce délitement sociétal par ses atermoiements permanents et surtout son incompétence flagrante à surmonter les enjeux économiques auxquels nous sommes confrontés. François Hollande Président de la République, c'était une catastrophe annoncée

D'ailleurs, ce samedi soir sur France 2,  Marie Drucker poursuivra son JT en annonçant laconiquement 700 salariés de plus sacrifiés sur l'autel du CAC 40 et laissés sur le carreau par Michelin en Indre-et-Loire au nom du sacro-saint ultra-capitalisme dévastateur abandonné aux mains des dictateurs financiers de l'Europe par des politiciens, asservis à Bruxelles, vils, assoiffés de pouvoirs et d'argent. Climat pestilentiel, frisant l’outrecuidance lorsque l'on constate par ailleurs les bancs régulièrement vides aux séances de notre Parlement.

Et pour conclure son journal, l'égérie du week-end présentera le monde de l'hyper-luxe où se côtoient les téléphones portables en diamants, des parfums hors de prix. Cela serait anecdotique si 800 millions d'êtres humains ne crevaient pas de soif faute d'avoir accès à de l'eau potable. Là, on tombe dans l'obscène.

Là est sans doute l'information la plus violente. C'est sans doute cette violence économique que combattait Clément Méric par son engagement politique. Il est à craindre que sa mort, même si les circonstances nécessitent d'être mesurées, ne soit que le teaser de la rentrée sociale de septembre qui s'annonce inquiétante car musclée dans un pays en pleine décrépitude.

Auteur : Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret  
© 10 juin 2013 - JENB Productions - Noisy-le-Sec  


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