Sécurité publique


Chaude ambiance au Petit-Noisy



Par
Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret

Hier soir se tenait une assemblée de quartier au Petit-Noisy à laquelle ont assisté plus de soixante personnes, dans une ambiance qui s'est quelque peu tendue au cours des échanges entre la population et les élus présents.

La sécurité publique largement évoquée

Police municipale 01

La séance a débuté par un exposé assez complet et bien présenté du travail réalisé par le conseil de quartier depuis 2011. Si la tranquillité publique y a été largement évoquée, le conseil de quartier a également abordé ses ateliers sur le co-développement, les murs anti-bruits et les initiatives locales. Malgré la diversification des thématiques au cours de cet exposé liminaire d'environ trois-quarts d'heure, les échanges se sont quelques peu musclés lors des débats qui l'ont suivi. L'exaspération des riverains était palpable au travers de propos parfois un peu virulents comme ce Noiséen menaçant très clairement de se faire justice lui-même, faisant sans doute référence aux deux faits-divers récents de l'actualité dans le sud de la France.

Car au travers des questionnements de ces riverains excédés par les incivilités et la délinquance qui, à leurs yeux du moins, rongent ce quartier à prédominance pavillonnaire et minent le moral de la population, les habitants ont mis en lumière ce qu'ils considèrent comme des carences municipales au travers de propos dubitatifs sur l'efficacité des services communaux et particulièrement de notre police municipale.

Sans aucun doute, les propos de orateurs témoignent pour le moins d'une méconnaissance du travail de la police municipale, mais surtout éludent totalement les questions de la responsabilité de l'état dans le domaine de la sécurité publique. Les témoignages aussi divers (agressions violentes, cambriolages à répétition, trafics de drogue, incivilités permanentes, ...) ne peuvent pas être traités de la même façon selon les échelons de territorialité et les degrés de gravité. Si la municipalité, qui pourtant a beaucoup oeuvré dans ce champs d'action politique depuis 2010, peut éventuellement se voir reprocher quelques carences, sans doute est-il utile de rappeler au citoyen qu'une ville ne peut prétendre à elle seule résoudre toute la problématique de l'insécurité.

En particulier se pose la vraie question de l'efficacité de la chaîne pénale et donc des suites données par la justice aux actions de la police municipale. Rappelons en effet que les policiers municipaux travaillent, certes sur des projets politiques portés par la municipalité, mais exercent sous la responsabilité de l'officier de police judiciaire territorialement compétent (en l'espèce la police nationale), lui-même placé sous l'autorité d'un procureur. Peut-être est-ce sur ce dernier échelon que devraient se porter les réflexions pour ne pas dire les récriminations.

En cela, le cas des vendeurs à la sauvette est un exemple assez symbolique des carences judiciaires, du moins dans notre département de la Seine-Saint-Denis. Interpellés en flagrance par la police municipales, il n'est pas rare qu'aucune suite ne soit donnée à ces infractions donnant lieu à de cocasses situations où le contrevenant s'est remis à vendre illégalement ses marchandises douteuse avant même que nos fonctionnaires n'aient eu le temps d'achever la rédaction de leur rapport. Il est clair qu'avec un tel sentiment d'impunité, aggravé depuis 2012 et l'arrivée de Me Taubira au ministère de la Justice, un maire peut doubler, voire plus, les effectifs de la police municipale sans qu'aucun résultat probant ne saute aux yeux de ses administrés. Et pour cause.

La thématique de la sécurité publique s'invite donc dans la campagne électorale, ce qui nous amènera à revenir plus longuement sur cette problématique et plus précisément sur le rôle de la police municipale.

Les habitants se sentent abandonnés

Sur l'ex-RN3 est implanté un vaste commerce, source de nombreuses réclamations, au premier rang desquelles le stationnement particulièrement anarchique, pour ne pas dire dangereux, de nombreux véhicules. Il n'est pas rare en effet de constater que plusieurs files de circulation, dont le couloir de bus, soient encombrées régulièrement de voitures garées sans aucun respect du code de la route. C'est l'anarchie la plus totale au grand dam des riverains.

Après avoir tergiversé de longues minutes sur un sujet aussi basique, presque lassant, c'est un Noiséen de fraîche date qui éclaire de façon objective les élus présents. Cet ancien Pantinois, confronté exactement au même problème avec la même enseigne sur son ancienne commune attire l'attention de la municipalité en ces termes : «
Je suis un Noiséen de fraîche date puisque j'habite Noisy depuis quatre ans. Auparavant j'habitais Pantin et nous étions confrontés à la même situation. Le problème a été réglé rapidement par des verbalisations systématiques des infractions ». La solution parait tellement simple et évidente que l'on se demande comment personne n'y a pensé plus tôt. D'autant que si la police municipale ne dispose pas de pouvoir d'investigation et d'enquête pour éradiquer efficacement des trafics de drogue, elle dispose de toutes les prérogatives en matière de police routière, d'autant qu'elle est désormais équipée de PV électroniques.

Le problème se situe donc dans d'autres contextes : La volonté politique (municipale et étatique), les moyens humains et surtout la sécurité des interventions des personnels. Car au delà des problèmes de code de la route, ce commerce semble poser d'autres questionnements plus sérieux : Des suspicions de commerce illégal (il a été évoqué une boucherie), des interrogations sur l'hygiène alimentaire et pire, des inquiétudes clairement exprimées d’agressivité supposée des responsables du lieu. Ce que reprochent finalement les habitants, c'est un sentiment d'immobilisme pour ne pas dire d'abandon de la part des autorités politiques et administratives concernées. Des griefs assez semblables au demeurant à ceux exprimés en centre-ville concernant la place des Découvertes et la place Dreyfus. 

Des problématiques sous-estimées

Les attentes des habitants sont extrêmement fortes et largement exprimées. Les élus présents ont eu peine à faire valoir leurs argumentaires, voire même exposer les avancées pourtant évidentes de leur action depuis 2011 : Augmentation des effectifs de la police municipale, augmentation du parc de véhicules d'intervention, verbalisation électronique, mise en place d'équipe de médiateurs, mise en place de la vidéo surveillance (je laisse le terme de vidéo-tranquillité aux bisounours), renforcement des équipes en charge du commerce,... Malgré les indéniables avancées de ces derniers mois, la récurrence et l'ancienneté des réclamations atteint des sommets et témoignent d'un ras-le-bol général que les travaux du conseil de quartier ne suffisent plus à contenir.

Alda Pereira, ancien maire et seule personnalité politique présente dans l'assistance [les personnalités socialistes, à l'exception d'Helmut Bonnet (ancien secrétaire de section PS), communistes et verts ont brillé par leur absence à cette réunion pourtant annoncée comme "mouvementée"] n'a pas pris la parole. Interrogée à la fin de la réunion, celle qui devrait se porter candidate au prochain scrutin a fait part de ses impressions en ces termes : « Comme vous l'avez remarqué, je n'ai pas pris la parole parce que je ne voulais pas intervenir et polémiquer. Les assemblées de quartiers sont avant tout un lieu d'expression de la population. Mais mes premières impressions sont que les problèmes de ce quartier ont été sous-estimés, avec des activités commerciales éparses, parfois illégales, avec ce que cela induit de nuisances, qu'il s'agisse de délinquance, mais aussi de soucis environnementaux ou plus simplement de circulation. Ce quartier mérite un ambitieux plan de requalification. Et même si le projet de la Zac de l'Ourcq, qui s'inscrit dans une limite territoriale plus vaste et une échéance plus longue, est lancé, vous l'avez constaté, la population de ce quartier exprime des attentes fortes auxquelles il convient d'apporter des solutions plus promptes et géographiquement plus ciblées  ».

L'ancien édile socialiste, aujourd’hui membre du PRG, qui avait eu à vivre un accueil houleux dans ce même quartier sous son mandat, n'a pas souhaité s'exprimer plus en détails hier soir, me promettant « de revenir vers nous dans un tout proche avenir » pour exposer plus longuement ses positions et ses propositions.  

La démocratie participative montre là toutes ses limites et la réunion publique d'hier soir me conforte dans mes positions déjà prises sous la mandature précédente : Les conseils de quartiers, malgré la bonne volonté de ses acteurs impliqués ne sert que d'amortisseur pour acheter la paix sociale.

La virulence de certains propos tenus hier soir est le reflet d'une campagne électorale qui s'annonce  bouillonnante et dont la sécurité publique sera un enjeu majeur. 

Auteur : Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret  
© 02 octobre 2013 - JENB Productions - Noisy-le-Sec  

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