Le plus grand camp rom de Seine-Saint-Denis

L'expulsion annoncée avait été évoquée dans plusieurs médias ces derniers jours. Ce qui était devenu le plus grand camp rom de la Seine-Saint-Denis, sur un terrain situé à Bobigny, à la limite de Noisy-le-Sec, près du pont de Bondy, a été réalisée dans le calme dès 6 heures du matin. Elle intervient suite à une plainte d'ERDF qui avait constaté des branchements illégaux  « dont certains étaient réalisés sur le réseau du gaz » selon le quotidien régional Le Parisien qui rapporte des motifs exposés par la préfecture. L'arrêté préfectoral pris en urgence  le 18 mars a été validé par le tribunal administratif.

Un camp complêtement insalubre

Installé depuis plus de deux ans, ce qui n'était à l'époque que l'installation de quelques caravanes (comme on peut le voir sur la photo ci-dessous prise en 2009, à l'occasion de l'opération "Un été au canal") est devenu au fil des mois un camp totalement insalubre qui s'étirait tout au long de la berge du canal de l'Ourcq.

Ce dernier était d'ailleurs devenu une véritable poubelle au point que la péniche amenant du sable pour l'évènementiel saisonnier " l'été du Canal 2010 " avait dû être dépannée par les sapeurs-pompiers, ses hélices s'étant empétrée dan un tas d'immondices. « Ils jetaient de tout dans le canal » m'explique ainsi agent d'entretien croisé hier après-midi. « Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de portefeuilles retrouvés dans les poubelles avoisinantes. Et ils jetaient même des matelas dans le canal. Et puis certains gamins jetaient même des pierres sur le tramway » poursuit cet employé aux origines africaines et qui ne cachait pas sa colère : « Moi je travaille pour 1200 € par mois, et eux salissent tout. Il était temps que cela soit fait. En plus, c'était tellement sale qu'on pouvait y voir des rats ».

 

 

 

Important dispositif pour une évacuation dans le calme

Pas moins de 150 fonctionnaires des forces de l'ordre avaient bouclé le campement avec même une équipe de la brigade fluviale. Les quelques 270 personnes concernées, qui s'attendaient à une opération imminente,  ont évacué le camps dans le calme. Les caravanes qui pouvaient rouler ont été évacuées, les autres abris de fortune ont été détruits.

Toute la journée le service de nettoyage de la ville s'est employé à évacuer les tas de détritus pour redonner au site un état acceptable.

 

La Mairie de Bobigny est indignée

Catherine Peyge (PC), Maire de Bobigny, a fait part de « son indignation et sa consternation » dans un communiqué. Et de poursuivre : « Cette évacuation a été organisée par surprise, sans prévenir la mairie de Bobigny », a-t-elle déploré.  En effet, la mairie avait autorisé les familles à s'installer sur un terrain dépendant de la mairie, « le temps que nous cherchions et puissions leur trouver une solution plus pérenne », a assuré la maire. « Ces évacuations à répétition condamnent les Roms à une errance forcée d'un point à un autre, provoquant parfois des réactions d'exaspération et d'intolérance dans les populations locales (...) La municipalité va s'efforcer de continuer à aider ces familles roms et mettre provisoirement à leur disposition un autre terrain communal », a assuré Catherine Peyge.

Les services sociaux de la ville suivaient particulièrement une trentaine de familles et leurs enfants étaient scolarisés.

Une parcelle municipale a permis l'installation d'environ 80 personnes, et un gymnase a été ouvert pour accueillir les autres durant la nuit. Une situation qui, à l'évidence, ne peut être que provisoire.

Un problème qui dépasse les communes

Une fois de plus, cette évacuation met en avant les difficultés auxquelles sont confrontées bon nombre de communes, en Seine-Saint-Denis en particulier.

Noisy-le-Sec a connu la même problématique : Comment accuillir dignement ces familles en errance qui par leurs installations sauvages et illicités provoquent l'exaspération des riverains qui y sont confrontées.

Si l'intercommunalité " Est-Ensemble " peut éventuellement être un maillon dans la chaîne de réflexion, il appartient essentiellement à l'état de prendre les dispositions nécessaires pour que ces familles, qui disposent d'un droit légal de circulation dans l'espace européen, puissent s'insérer dans notre vie communautaire.

Mais la responsabilité revient avant tout aux états dont sont issues ces familles, états qui n'ont pris aucune disposition concrête pour endiguer cette émigration de masse.

Il est en effet rare qu'un étranger quitte son pays d'origine si ses conditions de vie sur place  lui permette de s'épannouir, d'élever sa famille, de scolariser ses enfants, de se loger dignement et de se soigner.

De telles évacuations, aussi légitimes soient-elles sur le plan de la sécurité, de la salubrité, ne règlent en rien le problème de fond qui, au final, montre une fois encore, que l' Europe capitaliste qui nous a été imposée, n'a rien à voir avec l'Europe sociale à laquelle nous aspirions.

Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
© 30 mars 2011 - JENB Productions

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