Revue du web. Une réflexion pertinente de Mairanonyme sur Le Post.fr

" Partout, à la télé, la radio, Internet et ici-même, le séisme qui a plongé Haïti dans le chaos le 12 janvier et encore hier nous frappe de plein fouet et sollicite nos réactions.

Entre choc, larmes, tristesse, compassion et impuissance, tout le monde tente d'aider à sa mesure.

Ainsi, certains vont soigner, déblayer, d'autres vont envoyer de l'argent, de la nourriture et tout ce dont une zone dévastée par la nature peut avoir besoin.

Les initiatives se multiplient, à travers les diverses associations de dons, mais également personnelles ou gouvernementales.

Chacun fait ce qu'il peut ou ce qu'il veut, personnellement.

Mais pas que.

Mardi, j'ai reçu un courrier provenant de l'Association des Maires de France, qui sollicitait les mairies afin de récolter des dons financiers pour témoigner de notre solidarité avec les haïtiens.

Même si je considère, en tant que citoyenne, que le don est une affaire personnelle et intime, en tant que Maire, je n'ai pu que réagir très positivement à cette demande.

Il suffit donc de prendre une délibération en conseil municipal et d'envoyer le montant du don que nous aurons décidé.

Oui mais voilà, rien n'est simple lorsqu'on tente de gérer une communauté et de faire appel au porte-monnaie et à la générosité collective.

"Attends, moi, j'ai déjà donné, je refuse de donner 2 fois."

"Et moi, avec ma petite retraite et tous les impôts qu'on TE paye, je donne pas."

"Et où va l'argent?"

"Je suis triste pour eux, mais chez nous, c'est la crise et on devrait d'abord balayer devant notre porte."

Chacun a pu s'exprimer librement et je n'ai pas à juger.

Mais si nous votons le don, effectivement, c'est l'argent de tous qui sera distribué, y compris celui de ceux qui refusent de donner.

Je trouve par conséquent la démarche d'appel au don des collectivités peu adéquate.

Nous aurions pu avoir le loisir de prendre nous-mêmes l'initiative d'informer les administrés sur les possibilités de donner.

Et nous aurions pu nous passer, pour une fois, de la case administrative et protocolaire si lourde et chère."