C'est un véritable miracle qui s'est produit le 25 janvier dernier aux environs de 07h30.

Laura Potie, jeune conductrice de 24 ans d'origine Louviéroise qui traversait le passage à niveau des hayettes sur la commune de Morlanwelz (Belgique) dont les barrières n'étaient pas abaissées a été percutée par un premier train assurant la liaison Louvain-la-Neuve/Binche. Par miracle, et malgré la violence du choc, elle parvient à s'extraire de son véhicule avant qu'un second train, circulant en sens inverse ne pulvérise sa Peugeot.

Elle en sort indemne, avec seulement quelques contusions à un genou.

Ce passage à niveau, réputé pour sa dangerosité, n'aurait semble-t-il pas fonctionné correctement. La circulation des trains n'a été rétablie que vers 17h30 pour l'une des voies et deux heures plus tard pour la seconde voie. Une enquête est en cours.

Selon la chronique belge diffusée sur France-Info, l'un des conducteurs se serait assoupi et aurait franchi le feu rouge ferroviaire protégeant le croisement. De plus, selon la RTBF, les pédales de secours, sensées fermer le passage à niveau dans ce type de circonstance, non seulement ne fonctionnaient pas, mais de plus seraient inéfficaces car trop proches du croisement pour permettre l'arrêt du train.

Un tel accident ne peut pas se produire en France

Un tel accident ne pourrait pas se produire sur le réseau ferré français.

- Tout d'abord, un système dit " de l'homme mort " arrête automatiquement le train s'il n'est pas actionné régulièrement par le machiniste. En effet, dans une cabine de locomotive SNCF, le machiniste tient une sorte de volant dont la rotation sert à accélérer ou freiner. Sous ce volant est placée une manette que le machiniste doit régulièrement actionner. Dans le cas contraire, au bout de 45 secondes, le train s'arrête automatiquement, que le machine lâche la manette ou reste crispé dessus. Pour mieux connaitre ce principe, vous pouvez visiter le Musée " Rosny-Rail "  à Rosny-sous-Bois (limitrophe de Noisy-le-Sec en Seine-Saint-Denis) sur lequel nous avions consacré un reportage vidéo.

- De plus, en France, hormis quelques rares lignes à faible trafic où le passage à niveau est actionné manuellement par le machiniste (voies industrielles le plus souvent) ou parfois télécommandé à distance, les passages à niveau ne font pas l'objet d'une signalisation ferroviaire de protection spécifique. Le passage à niveau se déclenche automatiquement 30 secondes avant l'arrivée du train, temps calculé sur la vitesse la plus élevée autorisée sur la ligne. Donc plus le train est lent (train de marchandise par exemple) plus l'automobiliste attend devant les barrières abaissées.

Chaque passage à niveau étant (sauf dessertes rurales à faible trafic) protégé par des demies-barrières et des feux rouges clignotants, cela représente une double protection pour l'automobiliste (sans compter la sonnerie qui retentit lors du déclenchement de la fermeture des barrières).

De plus, le passage a niveau français fonctionne sur le même principe que tous les autres signaux ferroviaires : Par contact des voies. En fait, ce sont les essieux des locomotives et wagons qui établissent un contact éléctrique basse tension entre les deux files de rails. Ainsi par exemple, en cas de dérive ou de décrochage d'un wagon, ce dernier maintient le contact électrique et la signalisation adéquate.

Un tel accident a donc peu de chance de se produire sur notre reseau français. D'ailleurs, la plupart des accidents survenus ces dernières années et relatés dans la rubrique " faits-divers " sur Le Post.fr sont généralement dûs à une imprudence du conducteur routier qui force la signalisation qui lui est opposable.

Voilà un petit miracle qui méritait bien de délocaliser notre actualité noiséenne le temps d'un post. Et puis en tant que ferrovipathe cela méritait bien quelques explications supplémentaires.

Sources : France-Info (journal belgique du 18.02.2011) ; RTBF.be (vidéo) ; La nouvellegazette.be ; JENB Productions

Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
© 18 février 2011 - JENB Productions